20 minutes - Affaire MAHE : un colonel déstabilisé

Publié le par pascal

Affaire Mahé : un colonel déstabilisé

  

20 Minutes | édition du 27.04.06

Jusqu'ici, c'était parole contre parole. Le rapport d'un médecin sur l'assassinat de Firmin Mahé par un adjudant-chef français a peut-être modifié la donne. Et déstabilisé la défense du colonel Burgaud, qui affirme que son subalterne Guy Raugel a pris seul l'initiative d'étouffer avec un sac plastique le coupeur de route ivoirien, le 13 mai 2005 dans un véhicule de l'armée française en Côte d'Ivoire.

Dans ce document, versé au dossier d'instruction en février et dont 20 Minutes révèle l'existence, le médecin-chef Charles Yven informe le médecin général des armées de sa conversation avec le colonel Eric Burgaud, au lendemain de la mort de Firmin Mahé. « Le lendemain, le chef de corps [Burgaud] m'a expliqué qu'en fait il avait donné l'ordre que l'intéressé n'arrive pas vivant au poste de secours. »

Ce médecin militaire était chargé d'examiner le corps sans vie de Mahé. Dans le bureau du juge, il n'a pas fait de déclarations aussi précises que dans son rapport, étant protégé par le secret médical. Le magistrat a obtenu ce texte sans difficulté, sur simple réquisition. Contacté, l'avocat d'Eric Burgaud, Me Alexis Gublin, n'a pas souhaité réagir. Il n'est pas certain que les affirmations du médecin-chef changent sa ligne de défense. Le colonel admet avoir demandé à Raugel de « laisser Mahé mourir de ses blessures » par balle à la jambe, sur ordre de son supérieur, le général Poncet. Mais il ne reconnaît pas avoir demandé à son adjudant-chef d'assassiner Firmin Mahé. La nuance est de taille. Les affirmations de Charles Yven pourraient amener Eric Burgaud à l'expliquer de nouveau.

Stéphane Colineau et William Assayag

 

©2006 20 minutes  


La cour d'appel de Paris a refusé, le 20 avril, la remise en liberté de l'adjudant-chef Raugel. Le brigadier-chef Schnier, complice présumé, a été libéré. Le colonel Burgaud et le général Poncet, ancien patron de la force Licorne , restent mis en examen pour « complicité d'homicide volontaire ».

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