Confessions de parloir

Publié le par pascal

« 188ème jour... Jamais, je n’aurais pensé supporter une si longue période d’enfermement.

Au début, on se dit, « allez c’est pour un mois, pas plus, ils vont vite me relâcher, ce n’est pas possible, ils ne peuvent pas ne pas comprendre… ».

Puis le temps passe et on repousse l’échéance un petit peu plus loin en se disant que de toute manière les chefs, les frères d’armes et les soldats vont taper du poing sur la table en disant « çà suffit, y’en a marre, vous nous envoyez au carton et vous nous abandonnez comme des chiens ! ».

Mais, rien ne se passe, les portes se ferment, les yeux se détournent car honteux d’accepter comme une fatalité cette injustice. On vous dit alors, comme pour se donner bonne conscience, « Ayez confiance en la justice ! » ou encore « On est optimiste pour vous, battez-vous ! ».

Se battre, oui, mais contre qui ?

C’est bien cela le problème : identifier la menace et l’ennemi.

Mais là, qui est l’ennemi ?

Et, surtout, où sont les amis, ceux sur qui on était sûr de pouvoir compter ...

Au fil des mois qui passent, le doute s’installe. On perd le contrôle, on prend conscience qu’on a plus la maîtrise de soi, ni des événements, ni des émotions. Les mois continuent de passer avec leur cortège d’espoirs vite déçus.

Dès qu’une lueur apparaît dans l’obscurité, elle s’éteint, asphyxiée par une bonne dose d’absurdité ou de folie.

Me revoilà coincé dans une petite boîte, bien trop étroite pour cet amoureux des grands espaces que je suis.

Tel un insecte ramassé par un enfant, il me semble me débattre sans espoir de m’en échapper, glissant contre les parois lisses de cette prison sur lesquelles je n’arrive pas à avoir de prises.

Ce n’est qu’une prison avec ses humiliations et de longs moments de solitude.

Tout cela semblerait bien plus supportable s’il n’y avait la souffrance des personnes que j’aime.

Je peux accepter l’emprisonnement comme une réintégration dans la société, mais alors, il faut que les chefs subissent le même sort. C’est le minimum que je puisse attendre de cette justice, non ? Mais, un général ou un colonel en prison, çà fait désordre. Un adjudant-chef, c’est plus acceptable.

A quoi bon évoquer tout cela, j’ai compris depuis plusieurs mois que, malgré des arguments en béton, on ne t’écoute pas car ton destin est scellé. Tout a été calculé, décidé. 

Je n’en sortirai que lorsqu’ils l’auront voulu ! ».

G. R.      

Publié dans Page d'acceuil

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M
Adjudant Raugel  je serai honoré de te rencontrer car tu représentes les qualités humaines en voix d\\\'extinction . Je dis HONNEUR LOYAUTE - DEVOUEMENT et ce qui devient rare ABNEGATION. Je suis écrivain jet si tu me le permets je serai ravi de te rencontrer quand messieurs les juges t\\\'ouvriront la porte LUNDI 19 JUIN à moins qu\\\'on teste ta capacité à résister à cette odieuse injustice mais vois tu cela me parait impossible. J\\\'ai besoi de croire \\\'en mon pays, en ses lois, et actuellement  cela devient difficile de garder son optimisme. Salut SOLDAT, et sache que la france  de tous niveaux, ne comprend plus rien à ton maintien à la Santé.  TROP TROP TROP de mois TROP TROP TROP de JOURS pour un SEUL SUR CINQ !
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